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 Pourquoi le club n’est-il finalement pas entré en Bourse ?

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Ben
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MessageSujet: Pourquoi le club n’est-il finalement pas entré en Bourse ?   Mer 14 Fév - 17:56

Par une introduction en Bourse, une société vise, afin d’augmenter son capital, à offrir à des épargnants ou des investisseurs la possibilité d'acheter des ‘actions’, sous le contrôle d'une autorité qui veille à ce que l’entreprise en question respecte certaines obligations de transparence vis-à-vis de ses actionnaires. L’investisseur qui achète des actions espère bien entendu en retirer des dividendes (parts du bénéfice).

C'est en Angleterre, berceau du football, qu'est née l’idée de la cotation en Bourse des clubs de football. Tottenham fut le premier à s’engager dans cette aventure financière en 1983. Aujourd’hui, 19 des 37 clubs cotés sont anglais. Parmi eux, citons entre autres Arsenal (1995) ou Newcastle (1997). Manchester United, lui, est entré en Bourse, en juin 1991. Son titre valait alors 16,67 livres. Dix ans plus tard, il était coté à 171,67 livres mais le club s’est retiré de la cotation à la Bourse de Londres lors de son rachat par la famille Glazer, en juin 2005.
Des clubs d’autres pays européens se sont également lancés sur le marché boursier: le Grasshoper Zurich dès 1997, l’AS Roma, le FC Porto, l’Ajax Amsterdam en 1998, la Lazio de Rome et le Borussia Dortmund en 2000, la Juve en 2001, etc.

Pourtant, des analystes avaient déjà fait part de leur scepticisme. Ainsi Mark Corbidge, président de Corbidge Capital Consultants Limited, qui a piloté l'entrée en bourse de Newcastle. En janvier 1999, il avertissait déjà que : "la valeur moyenne des actions des clubs de football a nettement moins augmenté que la moyenne des cours au Stock Exchange de Londres. Les clubs de football, avec les jeunes joueurs dont la valeur future ne peut être connue, peuvent être comparés à des sociétés pharmaceutiques qui vont lancer de nouveaux médicaments".
En d’autres termes, les investisseurs prennent beaucoup de risques car le ‘return’ est très incertain.

Au niveau belge, Anderlecht et Charleroi étudient néanmoins cette possibilité en 2002. S’ils y renonceront assez rapidement, ce ne sera pas le cas du Standard. Pourtant, dans un entretien accordé à Foot Magazine, le 21 octobre 1998, Robert-Louis Dreyfus, nouvel argentier du club du club estimait, lui aussi, qu’il était : “moins favorable à une entrée en Bourse. En affaires tout est clair, mais le foot doit tenir compte de la glorieuse incertitude du sport. A part Manchester et quatre ou cinq autres clubs, c’est plus délicat pour les autres. Je ne crois pas que ce soit une bonne solution pour l’actionnariat.”

La situation semble donc avoir évolué lorsque, dans une interview accordée au Soir le 21 mars 2002, Luciano D’Onofrio évoque, du bout des lèvres, l’entrée en Bourse du Standard comme étant une option "qui pourrait donner un nouvel élan au club".
Le journal économique l’Echo confirme, fin décembre 2002, cette intention du Standard. Elle ne ferait toutefois pas l’unanimité au sein du conseil d’administration, comme le déclare l’un de ses membres, Jean-Pierre Grafé le 27 décembre sur les ondes de la RTBF.
Le quotidien français Le Monde ira plus loin affirmant dans son édition du 23 décembre 2003 que : “Début 2002, le Standard de Liège a ainsi passé contrat avec l'un des principaux établissements financiers français spécialisés dans l'introduction boursière - Europe Finance et Industrie (EFI) (…) - dans le but d'accéder au marché libre d'Euronext Paris.”
Pourquoi la Bourse de Paris ? Parce qu’il n’existe, à l’époque, pas de marché libre à Bruxelles pour ce type de transaction. La situation est pour le moins cocasse puisque si la loi française du 26 décembre 1999 interdit aux clubs professionnels de s'introduire en Bourse, elle ne s’applique pas aux clubs étrangers. Ce qui fait dire au Monde que l’une des raisons de ce projet serait le souhait de Robert-Louis Dreyfus, actionnaire majoritaire du Standard mais aussi de l’OM, de faire comprendre au ministre français des sports de l'époque que cette loi n'a aucun sens dans un marché européen.


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MessageSujet: Re: Pourquoi le club n’est-il finalement pas entré en Bourse ?   Mer 14 Fév - 18:01

Pour le centre de formation

L’objectif premier de cette opération est cependant de mettre sur le marché environ 10 % du capital du club afin de récolter quelque 4 millions d’euros pour le financement du futur centre de formation. L’entrée du Standard en bourse constitue donc l’un des grands dossiers de Pierre François lorsqu’il arrive à la direction générale du club. “S’il se confirme, le dossier d’introduction pourrait être déposé auprès de la COB (Commission des opérations de Bourse, l’organe de contrôle) dans le courant de l’actuel semestre ”, déclare-t-il le 6 janvier 2003 à une journaliste du site économique Lexpansion.com.

Bernard Ruzziconi, responsable Benelux de la société EFI, explique deux jours plus tard au Soir que “Sortir de jeunes joueurs et les valoriser sur le marché permettrait de générer des profits. D'autre part, les recettes du Standard ne reposent aujourd'hui que dans une faible mesure sur les droits de télévision. Pour peu que le Standard se qualifie à terme pour la Ligue des champions, les recettes qui lui reviendraient de ce côté-là doperaient d'autant ses bénéfices.”

Sur papier, le projet semble prometteur. Dans la réalité, les analystes financiers sont plus réservés, voire franchement dubitatifs. Le football est en effet un secteur financier à risques et la rentabilité, voire parfois la viabilité des clubs, peut se révéler assez aléatoire. Autant dire qu’il faut qu’un club ait une réputation et une assise solides – comme Manchester United – pour susciter la confiance d’investisseurs potentiels. Or, la situation ne semble alors guère florissante. En 2002, seuls trois clubs, Sheffield, Porto et le Sporting de Lisbonne ont évité une chute vertigineuse de leur cours…

Est-ce une explication à la prudence du club ? L’année 2003 se passe et le Standard, contrairement à ses ambitions initiales, n’est toujours pas coté en Bourse.
A moins qu’il n’y ait une autre explication, avancée par le directeur général le 6 novembre 2003 à la Dernière Heure, à savoir l’attente de l’ouverture d’un marché libre à Bruxelles : «Il aurait été illogique d'effectuer un appel public à l'épargne uniquement sur le marché français. Vu la localisation de notre stade, du siège social du club et du lieu de résidence de nos supporters, il était donc préférable d'envisager cette entrée sur le marché belge. Depuis que nous avons envisagé cette éventualité, le marché libre de Bruxelles a vu le jour. J'ai d'ailleurs rencontré monsieur Lefebvre, responsable d' Euronext, qui ne m'a pas caché qu'il était préférable d'arriver au moment ou quatre ou cinq sociétés différentes auront, elles aussi, introduit leur dossier pour y entrer. L'actionnariat actuel du club ne voit, en tout cas, aucune obstruction à ce que le capital puisse être ouvert et à ce que l'Assemblée Générale soit composée de différents porteurs qui seront présents lors des Assemblées. C'est dire si le club évolue favorablement dans son souci de transparence.”
Il ajoute le 5 décembre 2003 au journal Le Soir: « Nous voudrions entrer sur le marché libre de Bruxelles mais celui-ci veut boucler quatre ou cinq dossiers classiques avant le nôtre. Or, les entreprises ne se sont pas encore manifestées. Le projet est virtuellement prêt. Il reste jouable et n’est pas encore mis à la poubelle. »

Le 16 décembre, le journal économique l’Echo annonce que le club liégeois ‘gèle son projet’. Confirmation de Reto Stiffler le 29 décembre 2003 au Monde : " En fait, nous hésitons encore. Notre intention de départ était effectivement d'aller sur le marché libre à Paris, mais comme il est aujourd'hui question de créer un marché libre à Bruxelles, on ne bouge pas."


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MessageSujet: Re: Pourquoi le club n’est-il finalement pas entré en Bourse ?   Mer 14 Fév - 18:05

Chute des valeurs boursières

L’attente, voire l’attentisme, semblent de bon aloi, si l’on en croit Jean-François Bourg, économiste du sport, qui confie le 19 avril 2004 à l’hebdomadaire L’Express : « Le succès de ces opérations est très mitigé. Entre 1990 et 2000, globalement, la chute de la valeur boursière des clubs européens a été de 10% et près des trois quarts d'entre eux ont aujourd'hui une valeur inférieure à celle de leur cours d'introduction. En Grande-Bretagne, Aston Villa a même perdu 86% en deux ans. En Italie, le titre de l'AS Roma est trois fois inférieur à sa valeur d'entrée. Enfin, la cotation de la Lazio de Rome a récemment été suspendue en raison des finances désastreuses du club ! »
Les perspectives ne sont donc guère réjouissantes.

Le 11 décembre 2004, Luciano D’Onofrio déclare que “Les actionnaires ont décidé que ce n'était pas pour l'immédiat. Si on y va un jour, ce sera plutôt à moyen ou long terme.”
Quelques mois plus tard, le 8 juin 2005, il annonce dans Foot Magazine que : "En ce qui concerne la Bourse, et vu l’évolution de cotations de certains clubs, nous avons préféré renoncer…"

Pierre François ajoute un autre argument dans une interview accordée au Soir et parue le 29 octobre de la même année : « C'était une belle idée pour recevoir de nouveaux apports de fonds. Mais je ne veux pas le faire dans l'ambiance délétère que provoque l'instruction judiciaire qui fait que, dans différents endroits, le Standard n'est pas reconnu comme persona grata. Nous n'avons pas encore de sponsor dans les secteurs bancaires ou d'assurance. »
Un élément qu’il répète encore le 30 janvier 2007 sur le ‘tchat’ du groupe Sud Presse, en réponse à la question d’un supporter : “Aussi longtemps que le club sera la cible des autorités judiciaires liégeoises, c’est malheureusement impossible, nonobstant nos bons résultats bilantaires et le sérieux de notre gestion.”

La décision est de toute façon sage car lorsqu’on fait le compte des clubs cotés en Bourse, c'est effectivement loin d'être un succès. A titre d'exemple, le cas du Borussia Dortmund. Début avril 2007, alors que ce club allemand se bat contre la rélégation, le titre a reculé jusqu'à 1,59 euro, son plus bas historique. Le cours d'introduction, en octobre 2000, était de 11 euros...

Selon une analyse récente, la rentabilité moyenne du football sur les marchés boursiers depuis 1992 fut d’à peine 1,3% contre environ 6% pour le marché. Un mauvais résultat attribué par certains économistes à la faible importance du secteur du football en Bourse. Il ne représenterait que 0,00002% de la capitalisation boursière européenne. Bref, une situation peu intéressante pour des investisseurs.
Ajoutez-y la faible attractivité et le mauvais niveau du football belge, et le tour de la question est vite fait…

_________

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