Au niveau de son statut, le Standard est organisé sous forme de société anonyme depuis 1988. Jean Wauters en assura sa présidence. Le 17 juin 1998, André Duchêne lui succède tandis que Robert Louis-Dreyfus, président d'Adidas et de l'Olympique Marseille, annonce son entrée dans le capital du club. Outre André Duchêne, il rejoint le diamantaire anversois Robert Lesman. Les deux hommes cherchaient depuis plusieurs mois un nouveau partenaire pour recapitaliser un Standard au bord du gouffre. Reto Stiffler (administrateur d'Eric Soccer), Martin Steinmeyer et Maurizio Delmenico accompagnent Louis-Dreyfus au Conseil d’administration où siège encore l’avocat Jean-Marie Defourny, le plus ancien administrateur du club.
Mais si cela prend encore un peu de temps, la volonté de tourner les pages du passé semble bel et bien réelle dans le chef des nouveaux investisseurs.
En octobre 2000, la presse a vent de l’éviction prochaine d’anciens administrateurs. “
Si l'on veut me voir partir, il faudra me mettre dehors. Moi, en tout cas, je n'entends pas démissionner. Si les autres administrateurs veulent me voir partir, ils devront me le signifier de vive voix”, clame Jean-Marie Defourny, dans Le Soir du 18 octobre 2000.
Ce sera le cas. Defourny s’efface le 30 octobre 2000. Reto Stiffler succède à la présidence à André Duchêne, démissionnaire et qui devient président d'honneur à l'instar de Jean Wauters.
Comme annoncé par la presse, des personnalités politiques liégeoises font leur entrée au Conseil d’administration : Robert Collignon (PS), Jean-Pierre Grafé (PSC), Jean-Marie Fontenoy (PRL) et Louis Smal, syndicaliste métallo de la CSC. Ils n’arrivent pas comme bailleurs de fonds, mais plutôt pour assurer les relations avec les pouvoir locaux. Un ‘ancrage liégeois’, selon l’expression entendue à l’époque.
“
Ils disent qu’ils ne viennent pas pour être des marionnettes. Je suis curieux de voir les responsabilités qu’on acceptera de leur confier”, s’amuse Pierre Delahaye dans le Foot Magazine du 22 novembre 2000.
Pourtant, d’après Stiffler, tout va bien. Le 9 mai 2001, il déclare au journal Le Soir: “
Nous sommes désormais onze à table. Le courant n'est jamais aussi bien passé entre nous.”
Onze ? Faisons le compte : Louis-Dreyfus, Stiffler, Lesman, Steinmeyer, Delmenico, Collignon, Grafé, Fontenoy et Smal. Ca fait neuf. Fin 2000, l’avocat Jean-Louis Dupont est aussi entré au sein du Conseil d’administration qui a bien besoin d’un juriste dans les bras de fer qui l’opposent, notamment, à la Ligue Pro en matière de droits tv. Et le 11e larron, c’est l’oncle d’Amérique et ami de Louis-Dreyfus, Tom Russel. Le Français lui a cédé une courte majorité de ses parts. Une simple astuce car un règlement de l’UEFA interdit en effet à deux clubs ayant un même propriétaire de participer à la même compétition européenne. Ce cas de figure aurait donc pu se produire avec le Standard et l’Olympique de Marseille, appartenant tous deux à RLD.
A ces administrateurs, il faut ajouter la présence régulière de l’un ou l’autre expert, comme le comptable attitré de Robert Louis-Dreyfus. Et, bien entendu, l’omniprésent Luciano D’Onofrio qui ne peut toutefois occuper aucune fonction officielle au Standard vu son activité d’agent de joueurs. “
Je ne participe aux réunions du Conseil d’administration qu’en tant… qu’invité”, disait-il à Foot Magazine le 11 octobre 2000, soit trois semaines avant la redistribution des cartes.
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